
Le 27 mai 1564, à l’âge de 55 ans, disparaissait Jean Calvin qui, avec le théologien allemand Martin Luther, fut l’un des principaux artisans de la « Réforme ». Une remise en cause de l’Eglise catholique romaine, basée sur les fondements de la vraie foi, dont la Bible est seule souveraine, source…
unique de la Révélation. Et en écartant tout ce que cette église a pu ajouter de dogmes et de rites. Calvin et Luther sont les deux pères du Protestantisme.
Né le 10 juillet 1509 à Noyon dans l’Oise, au sein d’une famille dont le père est procureur de l’église, le jeune Picard est tout naturellement élevé dans la religion catholique et se trouve destiné à une carrière ecclésiastique. Ce qu’il commence d’ailleurs quand, à 18 ans, bien que non ordonné mais c’est chose courante à l’époque, on lui confie une cure. Un passe droit qui lui permet de suivre des études de théologie à Paris au collège de Montaigu, réputé pour sa sévérité, sur la montagne Sainte Geneviève. Il décide ensuite d’étudier le droit, d’abord à l’Université d’Orléans où enseigne Pierre de l’Estoile puis à celle de Bourges, toutes deux déjà imprégnées des idées évangéliques.
A son tour, vers 1531, après avoir lu une traduction fidèle de la Bible par Jacques Lefèvre d’Etaples, il commence à embrasser ces principes avant de les propager à son tour.
Mais les autorités religieuses voient d’un très mauvais œil s’afficher ces idées sacrilèges et de sérieuses menaces commencent à se préciser. En 1534, dans la nuit du 17 au 18 octobre, c’est l’affaire des Placards. De violents slogans papistes contre l’eucharistie, que le roi François Ier, jusque-là tolérant, décide de réprimer impitoyablement. Des persécutions sont menées contre les parjures, certains sont brûlés comme hérétiques.
Calvin, prudemment, se réfugie à Bâle en Suisse d’où, en mars 1536, il publie la première édition de « L’Institution de la religion chrétienne ». Un ouvrage essentiel, contenant ses idées réformistes et constituant le « catéchisme » du Protestantisme. Des sacrements, il n’en reconnaît que le baptême et la communion. Les « pasteurs » sont élus par les fidèles et chaque église est dirigée par un Conseil élu.
Le retentissement de ce livre sera immense. Déjà, lorsqu’en 1541 paraît une traduction française. Et surtout avec l’édition, encore rédigée en français et qui sera achevée en 1560.
C’est aussi en 1536 que le Réformateur arrive à Genève. Très vite il y joue un rôle à la fois religieux et politique. Mais trop, c’est trop. Deux ans plus tard, voulant excommunier tous les opposants à ses « Confessions de foi », son autre ouvrage, il se fait bannir par le Conseil de la Ville qui lui reproche aussi un rigorisme excessif.
Il se retire alors à Strasbourg où il poursuit son œuvre réformatrice. En 1540, il y épouse la veuve d’un pasteur. Elle lui donne trois enfants mais qui ne vécurent pas vieux. C’est pourtant un mariage heureux, fondé sur une grande estime mutuelle mais qui lui aussi ne durera que peu de temps, neuf ans, jusqu’au décès de sa femme.
En septembre 1541, quand le Conseil municipal le rappelle, il revient à Genève, qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort en 1564.
Sous son autorité et son influence, la nouvelle Eglise réformée deviendra rapidement le modèle, qui se répandra dans toute la Suisse puis en France. Plus de 5000 français, les Huguenots comme on les surnomme, le rejoindront dans cette ville, devenue la « nouvelle Rome » et que dirige avec une discipline de fer, celui que ses adversaires appellent le « Pape de Genève ».
LE CALVINISME
Déjà, en 1517, au travers ses « 95 thèses », l’allemand Martin Luther, docteur en théologie avait ouvert la voie à la Réforme. Pour cet ancien moine, qui condamna ensuite la vie monastique, l’homme n’est que péché, son seul salut c’est la foi, son seul guide la Parole de Dieu dans l’Ecriture.
Tout en retenant les mêmes grands principes, Calvin se distingue de Luther par une doctrine encore plus austère et plus radicale. Elle nie la présence réelle. Elle proscrit notamment toute hiérarchie catholique, ne reconnaissant pas plus le prêtre, l’évêque que le Pape. Elle rejette l’invocation des saints, le salut n’appartenant qu’à Dieu. Elle interdit la messe, même celle des morts.
La piété est la règle absolue qui doit guider la vie de chacun. Toute forme de légèreté ou de frivolité est bannie, en particulier la danse, le jeu et bien entendu les comportements douteux. La moindre fantaisie est prohibée. Les jurons sont proscrits. La rigueur morale se traduit jusque dans le choix de l’alimentation ou de l’habillement. Chaque instant de la vie, simple et vouée au labeur, doit préparer à comparaître le plus humblement possible devant le Créateur.
Ce que connaîtront des milliers de huguenots et de parpaillots le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy.
Mais ceci est une autre histoire !
J. Defretin
PARTI PRIS Rétro 4-17
Calvin le « Pape de Genève » 1/1 27.05.2009




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