
Le printemps de l’année 1909 restera à jamais gravé dans l’Histoire de la Poste française.
Il y a un siècle, mécontents de leurs conditions de travail, les postiers parisiens lancent une grève générale. C’est la première grève dure d’agents appartenant à une administration publique.
Un mouvement qui gagnera aussi la province, dont Amiens…
Tout commence le vendredi 12 mars 1909.
Une grève généralisée se déclenche, touchant tous les secteurs des PTT. Malgré la fermeté proclamée par le gouvernement, des négociations sont menées sur le mauvais déroulement de carrière, souvent teinté de favoritisme ainsi que sur des déplacements arbitraires. Après un semblant de détente, rien n’en sort vraiment, les défilés et les rassemblements continuent, la grève perdure et commence à toucher la province. Bientôt, aux revendications jusque là internes, s’ajoute un autre objectif, obtenir la démission du sous secrétaire d’Etat Julien Simyan, qui a fait charger la troupe et arrêter 46 agents des Postes.
Le 22 mars, alors que des milliers de grévistes sont rassemblés en meeting, une délégation de douze postiers (dont 4 femmes, fait rarissime pour l’époque) se rend chez leur ministre Louis Barthou. C’est Georges Clémenceau en personne et alors Président du Conseil, qui les reçoit. Jouant de son art consommé de la politique, celui-ci annonce quelques vagues promesses verbales, sans toutefois céder aux exigences, notamment l’absence de sanction à l’égard des grévistes. Il leur intime même l’ordre de retourner immédiatement à leur « poste ».
Déçus mais la lassitude s’étant s’installée, le lendemain, après un vote à mains levées, les Postiers décident la reprise du travail. Trois millions de lettres et 100 000 télégrammes restés en souffrance, les attendent.
C’est alors que le 26 mars, à la Chambre, 470 députés (63 sont contre), approuvent une loi déniant le droit de grève aux fonctionnaires ! Et l’affaire ne se termine pas là. Plusieurs postiers sont poursuivis pour une sombre histoire d’affiche, sur laquelle ils remerciaient la population pour sa compréhension envers leur mouvement. Un placard considéré comme subversif par les élus ! D’autres, considérés comme de « dangereux meneurs » sont traduits devant des conseils de discipline.
Il n’en faut pas plus pour que le conflit redémarre. En mai, La Fédération nationale des PTT, regroupant les diverses organisations catégorielles, riposte en lançant un nouvel appel à la Grève générale. Mais, malgré le soutien de la SFIO et de la CGT, la confiance et l’espoir ne sont plus au rendez-vous. La masse des postiers, même ceux qui étaient en pointe en mars, ne suit pas le mot d’ordre. 
L’Etat installe des circuits parallèles pour le traitement du courrier. La Chambre de Commerce d’Amiens émet une vignette postale spécifique, permettant l’acheminement par des postiers non grévistes. Ce timbre, à 10 centimes, qui sera appelé tout naturellement « de grève » n’aura qu’une durée éphémère, du 13 au 19 mai mais fera par la suite le bonheur des collectionneurs. Il est toujours repris dans le Catalogue Yvert et Tellier.
A nouveau, insuffisamment organisée, peu soutenue, la grève s’étiole rapidement…c’est un fiasco ! Le travail reprend le 22 mai.
La réplique du gouvernement ne tarde pas, le couperet tombe : la Fédération est dissoute et plus de 800 agents sont menacés de révocation…
Ce que confirme « Le Tigre » le 15 juin en refusant l’amnistie !
Consolation pour les avant-gardistes du mouvement syndical, le futur Père la Victoire, que l’on croyait indéboulonnable, voit son gouvernement mis en minorité le 20 juillet suivant.
De plus, Alexandre Millerand, ministre des PTT du nouveau président Aristide Briand, réintègre dans l’administration la plupart des agents révoqués et supprime le poste de… sous-secrétaire d’Etat aux PTT !
J. Defretin
Source : Wikipedia – Sains Patrimoine
PARTI PRIS Rétro 4-16
1909 : les postiers affrontent « Le Tigre » ! 1/1 11.05.2009




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