Je me souviens combien ma grand-mère chouchoutait son canari, « min s’rin » comme elle disait ! Et celui-ci lui rendait bien d’ailleurs, en lançant ses perçantes trilles dès qu’elle s’approchait de sa cage.

Le 1er juillet 1766, victime de l’intolérance, le jeune chevalier de La Barre est exécuté sur la place du marché à Abbeville après d’horribles tortures…
Sur cette place, appelée aujourd’hui Max Lejeune, une plaque au sol évoque le supplice du jeune homme, François Jean LeFebvre de la Barre, né 19 ans plus tôt à Férolles-en-Brie.

Je l’ai déjà dit, ma grand-mère, comme toutes les mémés du Nord, buvait beaucoup de café… et du bon !

 

Comme elle en faisait souvent du « frais » (pas de « cherloute » chez elle), à la fin de la journée, le marc ne manquait pas à la maison. Pas celui de la bouteille, mémé n’a jamais touché à une goutte d’alcool, mais le reste de café moulu ayant donné le meilleur de lui-même.

Discrète, comme le fut sa vie, une petite chapelle à Cottenchy honore Sainte Ulphe, la belle ermite qui fit taire les grenouilles.

 

Naguère, dans l’enceinte de la célèbre abbaye cistercienne du Paraclet, fondée en 1219 par Enguerran II seigneur de Boves, un sanctuaire évoquait déjà la légende de la sainte.

Je me souviens que ma grand-mère, en bonne Lilloise qu’elle était et comme tous les gens du Nord, aimait le bon café. Et surtout sa façon de le préparer « à la Ch’ti » disait-elle ! 

Lorsque j’allais autrefois chez ma grand-mère, je me souviens qu’elle m’offrait, quand c’était la saison, une banane toujours bien mûre.

 

Un jour, comme je lui demandais comment elle faisait pour qu’elles ne soient ni trop dures ni trop molles, elle me confia avec son bon sourire : pour que mes bananes mûrissent mais ne ramollissent pas, je les emballe, une par une, dans du papier journal et les range ensuite dans mon panier en osier.

 

 

 

… ou la grande colère de Sainte-Ulphe contre les grenouilles de Cottenchy qui coassaient sans cesse, la nuit et jusqu’à l’aube, dans les marais bordant son ermitage près de Boves.

Si plusieurs versions sont avancées sur la légende marquant la vie de la jeune Ulphe au 8e siècle, toutes s’accordent à lui reconnaître une éclatante beauté. C’est d’ailleurs ce cadeau de la nature qui est à l’origine de son aventure.

Il fallait voir, chaque soir, ma grand-mère enlever les peignes maintenant son opulente chevelure.

Tel est le titre du livre paru en 1987 sous la plume de Jean Hallade et évoquant les tirs de la « Grosse Bertha » sur la capitale.

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