Il y eut quatre-vingt-dix ans le samedi 9 août, les Parisiens pouvaient enfin parcourir leurs rues sans craindre d’y entendre une énorme explosion. La « Grosse Bertha », comme l’appelaient « à tort d’ailleurs » les Français, ce gigantesque canon allemand qui, depuis plus de quatre mois envoie régulièrement ses obus de 125 kg sur la capitale, s’est tue.

Tout était beau dans le jardin de ma grand-mère mais ce que je préférais, c’était ses planches de salades et en particulier les laitues. Celles bien pommées, plus blondes que vertes, voisinant avec les énormes chicons de la romaine ou les feuilles dentelées et craquantes de la batavia.

Comme elles étaient belles et bien faites les grandes tresses d’ail que ma grand-mère pendait dans sa remise ! Un légume qu’elle cultivait à profusion dans son potager, car elle en faisait une grande consommation.

Jamais, au grand jamais, pour « s’habiller », grand-mère n’aurait acheté des souliers ou des bottines en magasin. Elle ne voulait que du « sur mesure » et encore, venant de chez son ami d’enfance Léon, le cordonnier du village.

À Abbeville, en 1907, plus d’un siècle après sa réhabilitation, un monument est érigé à la mémoire du chevalier de La Barre, torturé et exécuté dans cette ville le 1er juillet 1766. Une victime du dogmatisme qui régnait à cette époque, annonçant déjà la fin de l’Ancien Régime !

Voltaire, de son vrai nom François Marie Arouet, anticlérical affirmé malgré (ou peut-être à cause) de brillantes études chez les Jésuites du collège Louis le Grand et qui était mis en cause, s’empara de l’affaire. 

Je me souviens combien ma grand-mère chouchoutait son canari, « min s’rin » comme elle disait ! Et celui-ci lui rendait bien d’ailleurs, en lançant ses perçantes trilles dès qu’elle s’approchait de sa cage.

Le 1er juillet 1766, victime de l’intolérance, le jeune chevalier de La Barre est exécuté sur la place du marché à Abbeville après d’horribles tortures…
Sur cette place, appelée aujourd’hui Max Lejeune, une plaque au sol évoque le supplice du jeune homme, François Jean LeFebvre de la Barre, né 19 ans plus tôt à Férolles-en-Brie.

Je l’ai déjà dit, ma grand-mère, comme toutes les mémés du Nord, buvait beaucoup de café… et du bon !

 

Comme elle en faisait souvent du « frais » (pas de « cherloute » chez elle), à la fin de la journée, le marc ne manquait pas à la maison. Pas celui de la bouteille, mémé n’a jamais touché à une goutte d’alcool, mais le reste de café moulu ayant donné le meilleur de lui-même.

Discrète, comme le fut sa vie, une petite chapelle à Cottenchy honore Sainte Ulphe, la belle ermite qui fit taire les grenouilles.

 

Naguère, dans l’enceinte de la célèbre abbaye cistercienne du Paraclet, fondée en 1219 par Enguerran II seigneur de Boves, un sanctuaire évoquait déjà la légende de la sainte.

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