
Le 24 novembre 1929, Georges Clemenceau s’éteint à son domicile parisien de la rue Franklin. Il avait 88 ans. Vendéen né à Mouilleron-en-Pareds, monté à Paris après la défaite de Sedan, l’homme aux multiples surnoms, entre…
dans la carrière politique au lendemain de la chute du second Empire et de la proclamation de la République, le 4 septembre 1870, en devenant, grâce à son ami Arago, maire de Montmartre.
Député radical l’année suivante, siégeant à l’extrême gauche, il prend rapidement la tête du parti. Intransigeant, sectaire, viscéralement anticlérical, dénonçant les conquêtes coloniales, il est de tous les combats d’intérêt national. Pour ses nombreux coups de griffe, on lui attribue son premier surnom « Le Tigre ».
Son action et ses talents d’orateur consommé, contribuent à la chute de plusieurs présidents du Conseil… ce qui lui vaut ce second qualificatif de « Tombeur de ministères » !
Compromis dans l’affaire de Panama, il perd son siège aux élections de 1893.
Il s’active alors dans le journalisme et devient éditorialiste à l’Aurore en 1897. Il y publie ses prises de position en faveur du capitaine Dreyfus et inspire à Zola son célèbre « J’accuse ».
L’Affaire lui permet aussi son retour en politique. Sénateur du Var en 1902, Clemenceau retrouve la tribune. Quatre ans après, le 18 octobre, marque un tournant dans sa carrière, lorsqu’il accède au ministère de l’Intérieur avant de devenir président du Conseil. C’est pendant ce mandat, qu’il exercera jusqu’au 20 juillet 1909 que, bien que se disant républicain, il réprime durement les mouvements sociaux des vignerons du midi, des cheminots et des postiers. Il devient alors le « Premier flic de France » et le « Briseur de grèves ». Mais il est bientôt renversé à son tour!
Passé dans l’opposition, s’affirmant comme un revanchard, il crée en 1913 un nouveau journal « L’Homme libre », qu’il rebaptise « L’Homme enchaîné » à la déclaration de guerre, pour protester contre la censure.
Le 16 novembre 1917, en plein conflit, Poincaré, qui pourtant le déteste, le rappelle à la tête du gouvernement. Il prend alors en main, avec autorité mais au détriment parfois des principes démocratiques, les destinées du pays. C’est à cette époque qu’il lance sa fameuse réplique « La guerre, c’est une chose trop grave pour la confier aux militaires ». Suivie de son non moins brillant discours à la Chambre, au cours duquel, entendant poursuivre les combats jusqu'au bout, il tonne son retentissant « Je fais la guerre ». Il se sait populaire chez les poilus, qu’il rencontre dans les tranchées, sur tous les fronts dont celui de la Somme en particulier. Bientôt, c’est la fin des combats et il reçoit alors son plus glorieux fleuron « Le Père la Victoire » !
Bien que non candidat, le 21 novembre 1918, les 23 académiciens siégeant sous la Coupole l’élisent à l’unanimité, au fauteuil d’Émile Faguet. Le Président du Conseil ne se montre guère enchanté de son nouveau statut car pas une seule fois il ne vient siéger à l’Institut de France. Sans doute redoutait-il, disait-on, d’être reçu par son ennemi intime, Raymond Poincaré !
Après le traité de Versailles, où il se montre assez piètre négociateur en subissant l’influence américaine, il est battu de quelques voix à l’élection présidentielle de 1920 par Paul Deschanel. Son rêve « être élu Président de la République » ne se réalise pas !
Mais son rival ne profita pas bien longtemps de son succès car, neuf mois après son élection, il doit démissionner avant d’être interné. Mais ceci est une autre histoire (1).
Vaincu, amer, Georges Clemenceau s’écarte définitivement de la vie politique et consacre alors la fin de sa vie à écrire et à voyager.
Jusqu’à ce qu’il quitte définitivement ce monde, le 24 novembre 1929. Celui qui, né le 28 septembre 1841, fut un ardent républicain, médecin comme son père, journaliste, polémiste, homme politique influent, est enterré dans sa région natale.
J. Defretin
(1) voir « L’inconnu du train de nuit » publié en mars 2008
Parti Pris Rétro 4
Le « Tigre » est mort ! 1/1








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Commentaires
Clemenceau s'écrit bien sans accent aigu sur le premier « e ». Quant à la prononciation, il semble qu'elle soit conforme à l'orthographe : donc [klɘmãso:], et non [klemãso:].
http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Clemenceau
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