Dany Brillant qui sera en concert au Zénith d’Amiens, le dimanche 28 février 2010 à 17h00, un spectacle proposé par "Nuits d'artistes productions", nous a reçu ...
... mardi dernier,entre deux rendez vous, (un interview réalisé par nos confrères de France Bleu Picardie, en direct du magasin FNAC, et un casting, au bar "Le Barrio", à saint Leu, pour sélectionner 2 couples de "salséros" picards qui danseront avec lui sur la scène amiénoise. Il a évoqué sa carrière, ses projets et a présenté son nouveau show « Salsa Tour ».Un entretien à l’image du chanteur : cool, décontracté, très classe et qui ne manque pas de swing.
Pas de regrets de se retrouver chanteur alors qu’au départ vous vous orientiez vers la médecine, avant de vous inscrire aux cours Florent ?
« Aucun regret, à l’école, j’étais plutôt un élève moyen, sans problème, j’ai eu mon bac à 17 ans. Je me suis inscrit en médecine pour faire plaisir à mes parents. A cette époque, je ne savais pas encore pour quoi j’étais fait. La fac de médecine de Paris est située rue des Saints Pères, à Saint germain des prés. J’ai pris une chambre de bonne tout près des amphis. Je me suis également inscrit aux cours Florent, mais j’ai fait des « mauvaises rencontres » la nuit à Saint Germain et je suis arrivé dans les cabarets (sourires). Mais, entre nous si j’avais vraiment eu la fibre médicale, j’aurais poursuivi et réussi ces études ».
Classez-vous la rencontre avec Jacques Boni, le patron du cabaret « Les trois maillets » parmi les « mauvaises rencontres », lui à qui vous devez pourtant votre nom de scène et qui vous disait chaque soir, avant de monter sur scène : « Dany ! Sois brillant ! » ?
« Oui, sans hésiter (nouveaux sourires), c’est lui qui, après m’avoir entendu alors que je chantais aux terrasses des bistrots de Saint germain pour financer partiellement mes études, m’a dit « viens jouer en bas pour une semaine. J’y suis resté 5 ans ! C’est dans cet établissement qu’un directeur de chez Warner, après m’avoir entendu chanter, m’a fait signer pour trois albums.».
Comment vos parents ont-ils réagit en vous voyant déserter la fac ?
« Pendant des années, ce fut un désespoir de me voir exercer un métier de saltimbanques, sans aucune sécurité d’emploi ; ils se demandaient ce que j’allais devenir. Pour eux, médecin, c’était l’idéal. Ils craignaient surtout que je passe ma jeunesse à chanter, comme la cigale, et, qu’à 30 ans je me retrouve sans rien avoir construit. Pour eux, j’avais choisi le métier le plus angoissant ; on n’est jamais sur que ça va marcher. Mais quand vous êtes porté par quelque chose de plus fort que vous, comme la musique, vous n’avez pas le choix ! ».
Quel diagnostic porte un "ex-futur médecin" sur la chanson française d’aujourd’hui ?
« J’ai l’impression qu’en ce moment, on écoute de plus en plus de chansons. Moi, j’aime bien cette nouvelle chanson décomplexée, de moins en moins influencée par la chanson américaine. On a retrouvé une chanson française, une écriture qui n’a rien à envier aux américains et qui plait. Les gens sont plus sensibles aux textes et aux mélodies à la française. Vous vouliez un diagnostic médical, je dirais que, depuis quelques années, elle me parait en meilleure santé ».
Quels sont vos idoles dans la chanson ?
En N°1, sans conteste : Charles Aznavour, un romantique qui possède un « swing » terrible. J’ai d’ailleurs repris sur mon dernier album, une chanson pas tellement connue, mais que j’adore : « Ay mourir pour toi ». Aux Etats-Unis, je suis fan inconditionnel de Franck Sinatra (J’ai enregistré une reprise de « My Way » en salsa sur mon dernier disque) et de Dean Martin, vous l’aurez compris, j’adore les crooners, leur élégance, leur style».
Depuis 91, vous surfez sur le succès, et on ne vous voit jamais dans la presse people ?
« Depuis mes débuts, j’essaie de ne pas prêter le flanc à cette presse, je ne leur donne rien, je finis par ne pas les intéresser. Il y a une façon de faire son métier qui la détourne de votre vie privée. On sait simplement de moi que j’ai une fille et que j’attends prochainement un autre enfant, J’ai deux frères, le premier travaille avec moi, il produit mes tournées, l’autre est commerçant ; point barre. Les gens ne m’aiment pas pour ma vie privée, mais pour mes chansons ».
Vous êtes devenu une vedette internationale particulièrement adulée à Naples. Quel effet cela vous fait-il d’être, au même titre que Maradona, considéré comme une vedette étrangère vénérée à Naples, au point qu’on vous y surnomme le «figlio de Napoli », (le fils de Naples) ?
Cela remonte à 1998, lorsque je suis allé à Naples pour enregistrer un disque dans lequel j’ai repris une vieille chanson napolitaine « Tu Vuo' Fa L'American » que tout le mode avait oublié. Cette expression « Figlio… Figlio de Napoli… Figlio », figure dans le refrain. N’oubliez pas non plus que je né en Tunisie, dans une famille italienne..
Pour revenir à Maradona ; disons que j’aime le football, mais en fait, je suis plus boxe que foot, j’essaie, tant que faire se peut, d’assister à de grandes réunions, mais ce n’est pas toujours facile quand je suis en tournée ».
Parlons maintenant de « Salsa Tour » votre nouveau spectacle que vous présenterez le dimanche 28 février, à 17 heures, au Zénith d’Amiens..
« Je voudrais d’abord préciser que j’essaie de venir à chaque tournée dans votre région, car je crois que le public picard danse beaucoup. C’est ce que j’ai remarqué lors de mon dernier spectacle, consacré aux danses de couples, où j’ai aussi noté que le public aimait les rythmes latins, notamment la salsa. J’ai donc conservé le même principe, avec parquets de danse où les gens peuvent s’inviter à danser pendant que je chante. Je me suis attaché à faire quasiment un tome 2, une suite de mon dernier album, consacré uniquement aux danses latines : boléro, cha-cha-cha, mambo, etc. Pour chaque rythme, j’ai écrit une chanson. L’album est sorti en octobre et la tournée « Salsa tour » a commencé fin janvier, dans tous les zéniths et se terminera le 6 mars à Nice, j’enchaine avec 15 jours au Casino de Paris, pour finir par une tournée plus intimiste dans les théâtres, avec des formations plus restreintes mais plus rythmiques. Sur scène, je suis accompagné de percussionnistes cubains, d’une section de cuivre, de musiciens français et vénézuéliens. De grands ventilateurs recréent une ambiance tropicale, je voudrais un peu réchauffer l’hiver ».
Après Cuba, pour l’album « Havana », vous êtes allé à Porto Rico, pour enregistrer votre dernier disque.
« J’ai découvert Porto-Rico lorsque j’y suis allé en vacances. Quand j’ai vu tous ces gens qui dansaient, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire avec tous les musiciens merveilleux que j’y croisais et les sons inconnus qu’ils produisaient. J’y suis retourné pour faire ce disque. Angel Cuco Peña, l’un des grands maîtres de la musique portoricaine, m’a ouvert les portes des musiciens de l’ile qui ont travaillé à la Fania All Stars et accompagné Willie Colón, Ray Barreto. Porto-Rico reste vraiment avec Cuba, l’un des berceaux de la salsa.
Ce son universel, mélange de musiques africaines et andalouses qui se sont rencontrées dans les Caraïbes, avait au départ une connotation religieuse ».
Y a t-il une différence entre les deux salsas ?
« La salsa portoricaine est étonnamment très agressive, elle n’a pas grand-chose à voir avec la cubaine. Autant la salsa cubaine est tendre et « relax » comme Compay Segundo et les vieux cubains que l’on écoutait il y a 10 ans. Avec les portoricains, ça bastonnent, on sent vraiment l’influence américaine ».
Dans la célèbre comédie musicale « West Side Story »on dit que Porto Rico, est une ile laide, affreuse, est-ce votre avis ?
« C’est une très belle ile, avec des plages magnifiques, simplement les portoricains ont toujours connu la misère, il n’y a pas beaucoup de travail. Les portoricains, qui sont des américains, (Porto- Rico est un état américain) sont partis à New York pour essayer de s’en sortir, ils voulaient oublier leur ile pour devenir de vrais américains. L’architecture n’est pas aussi flamboyante que celle magnifique et hispanisante que l’on retrouve à La Havane. Ici, c’est plus urbain, moins gracieux ».
Au début de votre carrière, vous avez suivi les cours Florent, et fait de la figuration dans quelques films. Le cinéma vous attire t-il toujours ?
« J’y pense toujours, j’espère que ça viendra avec l’âge mur. Depuis l’âge de 20 ans, je fais principalement de la chanson, parce que j’ai des idées, de l’inspiration qui semblent intéresser un large public.
Mais il est certain que si je change de mode d’expression, je sais que j’irais principalement vers le cinéma, s’il veut bien de moi, car on ne choisit pas de devenir acteur comme ça. Il me semble que c’est une évolution naturelle pour un chanteur qui a fait beaucoup de spectacles. Le music-hall, reste une formidable école, beaucoup plus forte que les cours de théâtre. Chaque soir, vous êtes face à un public qui réagit ; vous devez le faire rire, l’émouvoir. On doit affiner son « instrument »en fonction de ses réactions. Si je dois envisager une diversification professionnelle, je me tournerais, naturellement et à coup sur, vers le cinéma et la comédie ».
Aujourd’hui c’est la journée mondiale sans téléphone portable, êtes vous accroc à cet accessoire ?
« Absolument pas, je n’en possède pas ! Je trouve très bien ce genre de « journée sans ».Pendant longtemps, on a vécu, et pas plus mal, sans téléphone portable. Dans certaines circonstances, cela peut être très utile. Le problème, c’est qu’il peut sonner à tout moment, alors qu’on est occupé à autre chose ou avec une personne. Moi qui suis dans l’altérité, je ne suis pas pour ce type d’appareil qui coupe le relationnel et le contact humain ».
E-journal est un journal sur internet, lisez-vous la presse par internet et avez –vous un message à adresser à nos lecteurs ?
« Pour moi, Internet est un moyen de faire des choses très rapidement, sans intermédiaire :(Billets d’avions, places de spectacle, etc.)J’aime bien ce gain de temps. Il m’arrive également de lire mes quotidiens sur la toile.
Quant à vos lecteurs, j’espère qu’ils viendront danser nombreux le dimanche 28 février, je leur dis donc à bientôt ».
Propos recueillis par jicehel




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