Depuis vendredi 7 novembre, et jusqu’au dimanche 16 novembre, Amiens (11 salles de projections) et les 27 communes de la métropole, via le Cinébus (bus cinéma  itinérant), vont une nouvelle fois, vivre au rythme du cinéma international. Une manifestation  ouverte par la sémillante et gracieuse Tella Kpomahou, une des superbes actrices de "Il va pleuvoir sur  Conakry", qui a présenté, en compagnie de Jean Pierre Garcia, le directeur de la manifestation et du nouveau maire d'Amiens, Gilles Demailly, cinéphile averti et fidèle  du festival. les grands thèmes, les principaux évènements et les membres du jury du festival.
Une fois de plus, l’affiche de la 28ème édition de « la plus grande manifestation cinématographique du Nord de la France » ‘ plus de 65000 visiteurs chaque année) demeure alléchante : Quatorze films réalisés  en Afrique, en Asie, en Amérique Latine, et en Picardie se disputeront la « Licorne »internationale sont proposés en cette 28e édition du Festival, ils témoignent d’une extrême diversité de regards portés sur le monde (principalement sur le mode humour noir et comédie) et composent un voyage dans les genres cinématographiques. Jugez plutôt.....
Des femmes qui font la grève du sexe (non ce n’est pas un oxymore !) dans « Absurdistan », un juge aussi rigolard que Buster Keaton se voit contraint de jouer les taximen dans «Laila’s Birthday »,  « Divizionz » met en scène de jeunes musiciens ougandais aussi à l’aise au volant de leurs automobiles que devant leurs instruments de musique. Le très « Picardo-Grolandais » « Louise Michel » déjà primé dans la Présipauté ne dénotera pas dans cet environnement décalé. « Teza » reste dans la même ligne humour noir, en contant les désillusions subies par des étudiants lorsque leurs projets de réussite au pays sont contrecarrés par un apprenti dictateur. « Triomf » conte d’autres mésaventures, celles de blancs qui voient abolir leurs privilèges après l’élection au pouvoir de Nelson Mandela. « Cyrano Fernandez » adapte «  librement » l’odyssée du héros d’Edmond Rostand et situe l’action dans une favela brésilienne.
 
Relations fils-père, fille-mère,  omniprésentes

5 films  traitent, sans se prendre au sérieux, mais en le restant cependant, des relations inter générations : si, « 3femmes » et  « la boîte de Pandore »parlent de  la cohabitation mère filles et petits enfants, « Ring », « Summer Book » et Desierto Adentro » abordent toujours sur le même tempo les rapports père fils
Les synopsis des deux derniers films de cette compétition « Arroz con leche » (le retour à l’enfance à l’âge de la vieillesse et « The Donkey » (hommage à Bresson et l’attachement d’un homme à son seul ami et confident) restent inclassables, mais devraient éveiller votre curiosité : vous ne serez pas déçu.

Même fond pour la compétition court-métrages : les relations fils-père, fille-mère,  omniprésentes jusque dans le drame. Avec une constante : la quête de la liberté. Sous toutes ses formes et quels que soient les continents.

L’Europe des films d’animation et l’Afrique évidemment..

77 films d’animation réalisés dans quatorze pays européens, pour presqu’autant de  genres et de styles de films d’animation différents  (du dessin animé traditionnel (en 2D) aux essais les plus audacieux en 3D, de la marionnette animée au personnage en fil de fer, en papier découpé ou en sable (comme ceux du maître hongrois Ferenc Cakó), seront à l’honneur ; de quoi ravis les aficionados qui se régaleront de cette extraordinaire balade dans l’imaginaire du continent !!
Quelques titres rien que pour vous faire saliver : « Contes et mythologies dans le cinéma d’animation européen », « Une nuit un rêve dans le cinéma d’animation européen », « Le Mulot menteur et autres histoires... »Il y en aura vraiment pour tous les âges. À découvrir. En adulte ou avec les enfants.
Un festival amiénois ne peut se concevoir sans un large volet africain ; depuis ses débuts cette manifestation se veut, (et avec quelle réussite !) un incontournable partenaire du cinéma. Un partenariat officialisé avec les accords noués avec le Fespaco panafricain de Ouagadougou; la plus grande manifestation cinématographique du continent africain. Cette année encore, la sélection officielle : « Cinémas d’Afrique / Regards sur l’Afrique » constituée de courts et longs-métrages, fictions et documentaires, cinéma et vidéo, devrait révéler au public les nouvelles  tendances qui se sont dégagées au cours des derniers 12 mois dans les cinémas d’Afrique. Cette année, l’œuvre du Guinéen Cheik Doukouré sera à l’honneur. Les hommages à Aimé Césaire et Martin Luther King ne manqueront pas de renouveler le débat sur l’identité que l’on dit « noire ».

Autre focus mis le cinéma mondial avec la sélection officielle : « Le Monde comme il va » qui regroupe le meilleur de la production récente, des inédits d’Europe, d’Asie et d’Amérique Latine. En fiction ou documentaire, le moyen de découvrir les expressions et identités culturelles les plus diverses.

Hommages à 3maîtres es-cinéma qui seront présents : Cheik Doukouré, Mark Rydell et Claude Chabrol

Cheik Doukouré, ce guinéen qui possède la triple casquette d’acteur, scénariste et réalisateur, a quitté sa Guinée natale en 1964 pour Paris.  Après avoir suivi les fameux  Cours Simon, il commence une carrière d’acteur de théâtre et de télévision, ses débuts cinématographiques, il les fera dans plusieurs longs métrages comme « les Ripoux » et « un indien dans la ville » en 1965 puis à la rue Blanche. Rapidement il se met à l’écriture de scenarii  et se décide à passer de l’autre côté de la caméra en 1991. a son actif, on note quelques films comme « blanc d’ébène » et « ballon d’or », à la carrière flatteuse. Aujourd’hui il a ajouté une ligne à sa carte de visite : producteur. De tout cela et du choc de cultures, un thème récurrent dans l’œuvre de Cheik Doukouré, il sera sans doute question lors de la soirée que lui consacrera le 28ème festival amiénois.
Mark Rydell, acteur, réalisateur et producteur américain, né le en 1934,à New York, qui a longtemps hésité entre le jazz et la musique, a débuté en montant des comédies musicales à Broadway. Il  fréquente, à la même période que Steve McQueen, « l’actor’s studio », avant de débuter à la télévision. Début 1956, il décroche son premier rôle dans « Face au crime ». Rapidement, il se dirige vers la réalisation. Au cours de sa carrière, il se liera d’amitié avec James Dean et Marlon Brando, et croisera les plus grandes stars internationales : Don Siegel, Robert Altman, Sydney Pollack, Woody Allen pour les réalisateurs et Steve McQueen, John Wayne, Henry et Jane Fonda, Mel Gibson, Richard Gere ou Sharon Stone, pour les acteurs.
Ce personnage hors normes, qui aussi réalisé un remake du film de Claude Sautet : « Les choses de la vie » sous le titre « Intersection », apportera un témoignage exceptionnel sur le monde du cinéma et sur l’ « Actor’s studio » qui l’a formé et dont il est aujourd’hui l’un des directeurs artistiques.
Le 3ème hommage sera rendu à Claude Chabrol, l’un des plus prolifiques (plus de 50 films sont en effet « griffés C.C.), mais néanmoins talentueux, et sans doute le plus épicuriens des réalisateurs français en activité.
Sa première incursion dans le monde cinématographique, il la fera en qualité de critique au sein de la rédaction des « Cahiers du cinéma »où il sera l’un des plus ardents défenseurs de la nouvelle vague. « Le beau Serge »(un coup d’essai transformé en coup de maître puisque récompensé par le prix Jean Vigo), avec J.C Brialy, sera le premier de sa longue série de films, où l’on note quelques superbes réalisations comme ;« les cousins », « La Ligne de démarcation », « Le Boucher », « Violette Nozière », «  Poulet au vinaigre » « Madame Bovary », « L'Ivresse du pouvoir », « La Femme infidèle », « Merci pour le chocolat ». Ses dernières productions 2008 : «Bellamy », « Le Petit fût » et la série TV «  Chez Maupassant » démontrent que ce creusois reste un sacré réalisateur qui a dirigé les plus grands acteurs, pas seulement français (Gérard Depardieu, Romy Schneider, Orson Welles, Isabelle Huppert, :Stéphane Audran, Michel Bouquet, Jean Yanne, Benoît Magimel, Michel Serrault, Philippe Noiret). Cette véritable encyclopédie vivante du 7ème art a prévu de nous faire découvrir ses coups de cœur cinématographiques : l’occasion de voir ou de revoir les succulents : « marchand d'esclaves » de Mervyn LeRoy, « Les Contes de la lune vague après la pluie » de Kenji Mizoguchi, « Maldonne pour un espion »  d'Anthony Mann, « Darling » de Christine Carrière, « Sang et or » de Robert Rossen et « Fureur sur la ville » de Cy Endfield

Rétrospectives : un réalisateur « blacklisté », l’actor’s studio,le cinéma d’ Argentine  et d’Amérique latine

Le  28ème festival entreprend avec la rétrospective consacrée à Cy Endfield, une vraie œuvre de réhabilitation. Ce  cinéaste américain né en 1914 et mort en 1995, fut,  dès son premier film , « Inflation », en butte à la censure, Ses débuts dans la carrière de réalisateur ne commencent donc pas sous les meilleurs auspices, puisqu’il se voyant interdit de diffusion pendant plus de quarante ans, et désigné comme communiste, par les maccarthystes, il doit s'exiler au Royaume-Uni.
Ses œuvres : « The Underworld Story » une charge contre la presse, inédit en France, « Fureur sur la ville », « Train d’enfer » et « Zoulou » restent  des films
d’action à contenu social. Pierre Rissient, brillant homme de cinéma,  l’historien Brian Neve et le critique Michael Henry Wilson  entendent avec cette rétrospective redonner à ce trublion du 7ème art,  la place qu’il mérite dans l’histoire du cinéma.
L’influence des élève de l’actor’s studio sera au cœur de la visite guidée proposée par Mark Rydell, qui a commencé et termine sa carrière cinématographique, en qualité de directeur artistique,  dans ce lieu mythique du cinéma US. Dans les années 50, les stars des salles obscures comme Marlon Brando, Montgomery Clift, James Dean, Marilyn Monroe, Paul Newman, Jane Fonda , Robert De Niro, ou Al Pacino possèdent un point commun, ; ils sont tous passés par l’actor’studio qui fait souffler un vent nouveau sur Hollywood.


Le  28ème festival entreprend avec la rétrospective consacrée à Cy Endfield, une vraie œuvre de réhabilitation. Ce  cinéaste américain né en 1914 et mort en 1995, fut,  dès son premier film , « Inflation », en butte à la censure, Ses débuts dans la carrière de réalisateur ne commencent donc pas sous les meilleurs auspices, puisqu’il se voyant interdit de diffusion pendant plus de quarante ans, et désigné comme communiste, par les maccarthystes, il doits'exiler au Royaume-Uni.
Ses œuvres : « The Underworld Story » une charge contre la presse, inédit en France, « Fureur sur la ville », « Train d’enfer » et « Zoulou » restent  des films d’action à contenu social. Pierre Rissient, brillant homme de cinéma,  l’historien Brian Neve et le critique Michael Henry Wilson  entendent avec cette rétrospective redonner à ce trublion du 7ème art,  la place qu’il mérite dans l’histoire du cinéma.
L’influence des élève de l’actor’s studio sera au cœur de la visite guidée proposée par Mark Rydell, qui a commencé et termine sa carrière cinématographique, en qualité de directeur artistique,  dans ce lieu mythique du cinéma US. Dans les années 50, les stars des salles obscures comme Marlon Brando, Montgomery Clift, James Dean, Marilyn Monroe, Paul Newman, Jane Fonda , Robert De Niro, ou Al Pacino possèdent un point commun, ; ils sont tous passés par l’actor’studio qui fait souffler un vent nouveau sur Hollywood.
Autre lieu incontournable lorsque l’on évoque le cinéma d’Amérique latine en général et celui celui d’Argentine du Vénézuela ou de Colombie en particulier.
La bas, le lieu historique de la création cinématographique reste les Argentina studios Sono. 7 films d’aventures, policiers , fantastiques  ou mélos vous feront découvrir, sur grand écran et en 35 mm, les « toiles » cultes préférées des gauchos. Dépaysement garanti !


3 voix toujours qui résonnent toujours: Martin Luther King et Aimé Césaire

Les organisateurs  ont souhaité  rendre hommage à 3 personnages qui ont éclairé l’humanité de leurs voix empreintes du sceau de la sagesse de la paix et des droits de l’homme.
Hommage à Martin Luther King, rendu par Billy Woodberry, une des grandes figures du cinéma noir américain indépendant qui présentera : « Citizen King » un captivant documentaire de Orlando Ragwell et Noland Walker qui retrace les cinq dernières années de la vie du militant des droits civiques, assassiné il y a quarante ans. Une exposition retraçant l’action de Martin Luther King sera inaugurée le Dimanche 09 novembre,  à 18h30 (place de l’Hôtel de ville) et suivie d’une projection monumentale sur la façade de l’Hôtel de ville.

Hommage à Aimé Césaire rendu par Sarah Maldoror (réalisatrice guadeloupéenne, infatigable combattante pour la liberté et l’égalité) qui proposera  deux (« Un Homme une terre »  et « Aimé Césaire, le masque des mots ») de ses cinq films consacrés à Aimé Césaire, poète, chantre de la négritude et humaniste engagé dans son siècle.
Hommage à Youssef Chahine, rendu par Magda Wassef, grande spécialiste des cinémas arabes, qui présentera : « Le Destin » de Youssef Chahine, un réquisitoire contre tous les fanatismes religieux est signé par un cinéaste iconoclaste, ardent défenseur de la tolérance et des diversités.
Bollywood et mai 68 seront de la fête

Le festival ne pouvait pas manquer de célébrer le 40ème anniversaire de mai 68. pour marquer l’évènement, il a choisi le film : «Mai 68, la belle ouvrage », oeuvre de  Jean-Luc Magneron , remonté par son fils Loïc, qui présente  « Mai 68 vu de Paris. Mai 68 vu d’Amiens ».

Toujours dans l’exotisme cinématographique, vous pourrez découvrir « Devdas » un long métrage de Sanjay Leela Bhansali, estampillé Bollywood. Il s’agit du « Roméo et Juliette » indien. Une projection précédée d’une chorégraphie ambiance Bollywwood de Christine Legris.
Pour connaître l'ensemble de la programmation de 28ème festival  international du film: rendez vous sur le site officiel de la manifestation.
                                                                                         
www.filmfestamiens.org
 
                                                                              Jicehel




 

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