
S’il n’y vit pas le jour, il est né le 6 janvier 1802 à Montgesty près de Cahors dans le Lot, Jean-Gabriel Perboyre, vécut deux années de sa jeunesse à Montdidier.
Issu d’une famille de paysans, qui…
donna à l’Eglise trois Lazaristes et deux Filles de la Charité, le jeune homme était normalement destiné à reprendre l’exploitation agricole de ses parents. Pourtant, ses aptitudes pour les études ainsi qu’un désir de devenir missionnaire font, qu’en décembre 1820, il prononce ses vœux chez les Lazaristes à Montauban, dans un séminaire dirigé par son oncle.
A cette époque, la Congrégation de la Mission fondée deux siècles plus tôt par Saint Vincent de Paul, se chargeait de nombreux collèges séminaires dans divers diocèses.
C’est ainsi, qu’à la rentrée de 1824, il est envoyé dans celui de Montdidier où, depuis le 13e siècle, un monastère bénédictin assure l’enseignement et l’éducation de jeunes garçons. Ne pouvant prétendre à la prêtrise, car il n’a que 22 ans et l’âge minimum requis est de 24 ans, il a été nommé sous-diacre au printemps précédent.
La classe de sixième qu’on lui attribue, ne compte que huit élèves et il sait très vite gagner leur confiance. Ses connaissances, son charisme, sa grande maîtrise, font que l’année suivante on lui confie le cours de philosophie de classe terminale.
Jean-Gabriel crée également des comités de classe pour aider les pauvres et rendre visite aux détenus, le séminaire étant chargé du service religieux de la prison.
Le 23 septembre 1826, il est ordonné prêtre à Paris. De là, il rejoint le séminaire de Saint-Flour dans le Cantal, comme professeur de théologie avant d’en devenir le supérieur.
En 1832, il revient à Paris assister le Directeur du « Séminaire interne », le noviciat des Lazaristes.
Un « Saint vivant »
Mais Jean-Gabriel Perboyre garde toujours à l’esprit ce qui l’a poussé à rejoindre la Congrégation, aller convertir les populations lointaines, en particulier en Chine.
Deux évènements confortent cette vocation. Son jeune frère Louis, parti rejoindre une mission chinoise, est mort en 1830, terrassé par une fièvre cérébrale. C’est aussi l’époque où l’on ramène en France les reliques du bienheureux François-Régis Clet, martyrisé là-bas en 1820.
Sur son insistance et malgré une santé précaire, il obtient l’autorisation de partir à son tour vers l’Empire Céleste !
Le 24 mars 1835, il connaît enfin le grand bonheur quand le bateau quitte Le Havre, pour un long voyage qui durera cinq mois.
Il débarque à Macao le 29 août. Très vite, surprenant tout le monde, il apprend la langue et se familiarise aux coutumes locales avant d’entamer sa « longue marche » vers sa mission dans la province du Ho Nan. Un dur voyage de plusieurs mois, semé d’embûches et dans un pays hostile à la foi chrétienne.
Mais la sienne demeure inébranlable. Vivant dans l’austérité quand il demeure à sa résidence, il se déplace souvent, par tout temps et toujours à pied pour rencontrer ses fidèles, vivant dans une extrême pauvreté et dont il tente de soulager la misère.
Ses proches disaient de lui «C’est un Saint vivant » !
Garrotté sur la croix !
Depuis longtemps, le Christianisme est mal vu en Chine. En 1839, deux évènements aggravent cet état de fait. D’abord le déclenchement de persécutions par l’Empereur manchou Quinlong et le début du conflit sino-britannique.
C’est ainsi que le 15 septembre, J.G. Perboyre et trois de ses compagnons doivent brusquement quitter la mission devant l’arrivée d’une colonne de soldats chinois. Tandis que ses amis s’enfuient au loin, lui se réfugie dans la forêt voisine où, après la trahison d’un catéchumène, il est vite découvert.
Commence alors un long calvaire pour le missionnaire. Interrogatoires, railleries, vexations, brutalités, tortures, procès successifs, rien ne lui est épargné. Mais si son corps, déjà fragile, n’est plus que l’ombre de lui-même, son âme semble s’être encore renforcée. Il tiendra ainsi toute une année, n’attendant plus que « la rencontre avec son Créateur » !
C’est chose faite, le vendredi 11 septembre 1840. Conduit sur une hauteur avec plusieurs bandits qui sont rapidement exécutés, le martyr est attaché à un gibet en forme de croix puis le bourreau lui passe un garrot autour du cou et l’étrangle lentement ! (*)
Grâce à un converti ayant soudoyé les gardes, son corps peut être inhumé en terre chrétienne avant d’être ramené, vingt ans plus tard, à la maison mère des Lazaristes à Paris.
Déclaré Vénérable dès 1843 par le Pape Grégoire XVI, il est béatifié le 10 novembre 1889 par Léon XIII. Mais la canonisation du premier martyr chrétien de Chine n’intervient que le 2 juin 1996, sous le Pontificat de Jean Paul II.
Certains n’hésitent pas à voir dans le martyre de Jean-Gabriel Perboyre, une similitude avec le déroulement de la Passion du Christ. Comme le fils de Dieu, disent-ils, il eut son « Judas », fut arrêté, traîné devant les tribunaux, moqué, jugé et enfin périt sur la croix plantée sur un mont… un vendredi après-midi !
(*) Un tableau peint par François-Emile Brasseur, un Picard bon teint né à Mézerolles en 1859, est exposé au musée de Doullens. Cette toile est décrite page 144 du livre « Autour de Paul Petit Peintres et sculpteurs en Val d’Authie » (voir l’article du e-journal en date du 06.01.2009 Michel Brisse, mélomane et écrivain).
J. Defretin
Parti Pris Au tableau d’honneur 03.01.2010








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