En juin dernier, Michel Brisse, grand amoureux de belle musique, évoquait la naissance d’une nouvelle variété de la reine des fleurs, baptisée «Rose de Picardie» quatre ans plus tôt aux jardins de Valloires à Argoules. Un nom tiré de la célèbre chanson qui fit le tour du monde !
Mais ce « Picard cœur fidèle » n’est pas seulement le mélomane averti que chacun connaît. Il a aussi tâté de la plume…

Cultivé, il a réussi une belle carrière à La Poste, passionné d’histoire locale, il est notamment l’auteur d’une remarquable iconographie sortie fin 2006 des presses de l’éditeur F. Paillart à Abbeville.

Un livre passionnant sur des artistes méconnus, sculpteurs, peintres et bronziers, de cette partie de la vallée de l’Authie, entre Doullens et Auxi le Château. Une région au travers de laquelle coule paisiblement un petit fleuve côtier, qui symbolisait naguère la frontière entre le Pas de Calais et la Somme et dont il est issu, Candas pour lui, Mézerolles pour son épouse. Et quand il est en veine de confidence, il prend plaisir à vous raconter comment, dans sa jeunesse, il utilisa le bon vieux « coup de la panne » pour séduire la jeune Mézerolloise !

Ce magnifique ouvrage de plus de deux cents pages, en papier glacé, superbement illustré et fourmillant d’anecdotes pittoresques, se veut un hommage à ceux, pour lesquels la renommée ne fut pas au rendez-vous mais qui, autrefois, comme lui, adoraient ce pays où ils vivaient ou qu’ils avaient connu.
 
Dans la première partie de son livre, l’auteur fait la part belle à un talentueux sculpteur sur bois, dont il emprunte le nom d’ailleurs pour le titrer « Autour de Paul Petit, Peintres et sculpteurs en Val d’Authie ». 
Toutefois, ainsi qu’il l’écrit dans sa Biographie « Paul Petit ne comprendrait pas, alors qu’il a tant apprécié la compagnie et les œuvres des autres, d’être seul en ces feuillets ». C’est pourquoi, il y présente également plusieurs autres « artistes et gens de talent, habitants originaires ou natifs des bords de l’Authie » et qui ont légué un riche patrimoine à leur région.

DANS 50 ANS PEUT-ETRE !
Telle est l’ouverture que Michel Brisse a choisie pour son Avant-propos, rappelant ainsi la judicieuse réponse de Paul Petit à un ami qui s’étonnait du peu de considération marquée à l’égard de son œuvre, qu’avec sa discrétion habituelle il se refusait à mettre en valeur.
Prémonition ou hasard ? C’est pourtant bel et bien un demi-siècle après sa disparition, que les qualités de cet artiste sont enfin reconnues… et par un enfant du pays !
Né à Mézerolles le 28 janvier 1886, le jeune Paul se distingue dans ses études à Montalembert à Doullens, en obtenant brillamment son Brevet Supérieur. Il devra pourtant se consacrer aux travaux de la terre jusqu’à ce que des ennuis de santé le frappent vers la quarantaine. C’est à cette époque, qu’il se découvre alors cette passion pour travailler le bois avec son couteau et donner peu à peu vie à divers sujets.

son ami peintre Edouard Tempez : portrait et sculpture

Avec une dextérité remarquable, en quelques coups de lame, il copie le physique, l’attitude, les gestes habituels de ses modèles qu’il choisit ou qu’on lui propose. Bientôt, grâce à un œil exercé et une main experte, il ne faisait jamais d’esquisse, les œuvres taillées par ses gouges sont de plus en plus ressemblantes.

Dans le lot de ses innombrables créations, celle dont il n’était pas peu fier… n’est autre que Fleurimond Long Minton, le géant doullennais créé par son ami d’enfance Charles Dessaint.
Mais Paul Petit est un éclectique. Il écrit aussi, en Picard et souvent avec humour. Il dirige également une troupe de théâtre pour laquelle il rédige les livrets ainsi que des contes et des poèmes.

PLUS DE 120 SCULPTURES SUR BOIS !
Hélas ! regrette Michel Brisse lorsqu’il évoque l’œuvre de l’artiste « Que dire des sculptures et documents uniques qui étaient là et disparus très vite on ne sait comment au moment de son décès. Fort heureusement, quelques relations de toujours, parents, amis, voisins, amateurs et familiers gardent précieusement ce trésor dispersé qu’ils m’ont autorisé à rassembler dans ces pages en forme de musée ».
Et c’est une réussite !
Cent vingt quatre sculptures, fruits du talent de l’artiste, décorent ainsi les pages du livre, réparties dans différents thèmes : la vie rurale et la vie publique, l’histoire, le roman, la légende et la fable, l’ameublement, le commerce, le culte, la chasse et la pêche.

Effacé tout au long de sa vie, Paul Petit le demeura après son départ pour le paradis des artistes un triste jour de 1957. Il repose tout aussi discrètement dans le cimetière qui entoure l’église de son village natal depuis 1772, près du petit pont enjambant son Authie dans laquelle il faisait tremper ses bois.

Car, tant sur la stèle que sur la pierre tombale, aucune inscription ne rappelle qu’ici vécut un virtuose picard méconnu.

Merci à Michel Brisse pour l’avoir sorti de l’ombre… tout comme plusieurs de ses contemporains… qu’il présentera dans un prochain article de e-journal.

(à suivre)

J. Defretin

« Autour de Paul Petit Peintres et sculpteurs en Val d’Authie » éditions Paillart, Abbeville. En vente en librairie ou chez l’auteur Michel Brisse 31 rue Watteau 80080 Amiens. Tél. 03 22 43 34 70 – Port. 06 70 63 66 83  mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Source et Crédit Photos : Michel Brisse et Yazid Medmoun

PARTI PRIS    Au tableau d’honneur    03
Michel Brisse, mélomane et écrivain !    1/2      06.01.2009
 



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